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Un client paie avec une carte étrangère : ce que votre terminal fait vraiment

9 septembre 20264 min de lecture

Une carte de débit émise à l'étranger refuse de passer au terminal. Voici pourquoi, ce qu'est la conversion dynamique des devises, et quoi vérifier avant l'été.

Une main tient une carte de paiement au-dessus d'un terminal sans contact posé sur un comptoir de boutique.

Un visiteur sort une carte de débit émise à l'étranger et le terminal refuse la transaction en mode débit. Ce n'est presque jamais un problème avec le terminal. Interac Débit relie directement le compte bancaire du client à celui du commerçant, en temps réel, et ce compte doit être ouvert dans une institution financière canadienne. Une carte de débit émise ailleurs n'a tout simplement pas accès à ce réseau.

Certaines cartes étrangères peuvent quand même retirer de l'argent à un guichet automatique canadien, grâce à des ententes entre Interac et des réseaux internationaux comme Discover, JCB ou UnionPay. Mais ce service vise précisément les guichets automatiques, pas le paiement chez un commerçant. Il ne change rien à ce qui se passe à votre caisse.

Devant une carte étrangère refusée en débit, la solution est presque toujours la même. La faire passer comme une carte de crédit plutôt qu'en débit. La plupart des cartes de débit émises à l'étranger portent aussi un logo Visa ou Mastercard et peuvent être traitées de cette façon sur un terminal qui accepte les cartes internationales. Le client garde son moyen de paiement, et vous évitez une vente perdue pour une mauvaise raison.

La conversion dynamique des devises : un choix qui appartient au client

Certains terminaux offrent de facturer directement dans la devise du client plutôt qu'en dollars canadiens. On appelle cela la conversion dynamique des devises. Le client voit alors un montant dans sa propre monnaie, converti au moment de la transaction plutôt qu'au moment où sa banque traitera l'opération chez elle.

Visa encadre strictement la façon dont cette option doit être présentée. Le client doit avoir un choix réel entre payer en dollars canadiens ou dans sa devise, et ce choix ne doit jamais être fait à sa place par le commerçant ou par le terminal. Le réseau interdit aussi toute mise en page qui pousserait visuellement vers une option, par exemple une police ou une couleur qui met en valeur un seul des deux choix. L'écran et le reçu doivent afficher les deux montants, dans les deux devises, clairement.

Si votre terminal propose la conversion dynamique des devises, vérifiez avec votre fournisseur que l'écran présente vraiment les deux options de façon neutre. Confirmez aussi que le personnel ne choisit jamais à la place du client, même par habitude ou pour aller plus vite pendant un rush.

Le taux affiché ne sera jamais exactement celui que le client a vu la veille

La Banque du Canada publie un taux de change quotidien, mais ce taux reste indicatif. Il est calculé à partir d'environ 480 cotations recueillies entre 8 h et 16 h HE, dont les valeurs les plus hautes et les plus basses, soit 2,5 % de chaque côté, sont retirées avant de calculer une moyenne. Le résultat est publié une seule fois par jour, vers 16 h 30 HE.

Le taux réellement appliqué à une transaction par carte est fixé par le réseau au moment où la transaction est traitée, pas au moment où le client paie chez vous. C'est normal qu'un visiteur remarque un écart entre ce taux et celui qu'il avait consulté la veille sur son téléphone. Ce n'est l'erreur ni du commerçant ni du terminal, et il n'y a rien à corriger de votre côté.

Quand le client refuse la conversion dynamique des devises, ou que votre terminal ne l'offre pas, la facture reste en dollars canadiens sur votre reçu. La conversion vers la devise du client se fait ensuite ailleurs, chez sa propre banque, au moment où la transaction se règle entre institutions. Vous n'avez rien à calculer ni à ajuster de votre côté : votre part de la transaction s'arrête au montant en dollars canadiens que le terminal a imprimé.

Combien de clients pourraient payer avec une carte étrangère cette saison

Statistique Canada note que la part des dépenses touristiques provenant de visiteurs internationaux au Québec demeure plus faible que la moyenne canadienne, la demande touristique restant surtout locale et interprovinciale. Mais ce chiffre cache de grands écarts selon l'endroit. Dans la seule région de Montréal, les dépenses des visiteurs étrangers ont atteint 2,3 milliards de dollars en 2019, en hausse de 6,3 % par rapport à l'année précédente.

Un commerce loin des circuits touristiques n'a peut-être jamais à penser à ces cartes. Un commerce près d'un hôtel, d'un site patrimonial ou d'une attraction connue en verra davantage qu'il ne l'imagine pendant la haute saison.

Avant la prochaine saison touristique

  • Demandez à votre fournisseur si la conversion dynamique des devises est activée sur votre terminal, et si l'écran présente vraiment un choix neutre entre les deux devises.
  • Testez, si vous en avez l'occasion, une carte de débit émise hors Canada pour voir comment votre terminal réagit, avant qu'un client ne le découvre à votre place.
  • Rappelez à votre personnel que devant une carte étrangère refusée en débit, il faut la présenter comme carte de crédit plutôt que de mettre la vente de côté.

La prochaine fois qu'une carte semble ne pas fonctionner, la bonne question n'est pas si elle est valide. C'est si elle a été présentée au bon réseau.

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