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Frais d'interchange : qui touche quoi sur une transaction par carte

28 août 20264 min de lecture

Sur chaque paiement par carte, l'argent est partagé entre trois acteurs avant d'arriver dans votre compte. Voici lequel prend quoi, et pourquoi le montant change d'une carte à l'autre.

Client payant par carte dans un café

Vous vendez un café. Le client tape sa carte, la vente est approuvée, et pourtant le montant qui atterrit dans votre compte est plus petit que celui inscrit sur le reçu. Cette différence n'est pas un prélèvement unique. Elle est partagée entre trois acteurs différents, et un seul des trois est votre fournisseur de traitement.

Le plus gros morceau, presque toujours, s'appelle l'interchange. C'est le terme qui revient dans toutes les discussions sur les coûts de paiement, et c'est aussi celui qui est le plus mal compris.

L'interchange, en une phrase

L'interchange est le montant que la banque de votre commerce verse à la banque qui a émis la carte du client. Cette banque de commerce s'appelle l'acquéreur : c'est l'institution qui traite vos ventes. L'argent quitte donc votre transaction pour aller chez l'émetteur de la carte.

Ce montant n'est pas fixé par votre fournisseur. Il est établi par les réseaux de cartes eux-mêmes, et il est le même pour tout le monde à l'intérieur d'une catégorie donnée. Personne, dans la chaîne, ne peut le négocier à la baisse pour vous. C'est un tarif publié, pas une entente commerciale.

Ce que finance l'interchange, du point de vue du réseau : la lutte à la fraude, la période sans intérêt accordée au titulaire de la carte, et l'infrastructure qui autorise votre vente en quelques secondes.

Trois ponctions, pas une

Une transaction par carte comporte trois composantes de coût distinctes. Les confondre est la source de la plupart des malentendus avec un fournisseur.

  • L'interchange, qui va à la banque émettrice de la carte du client.
  • Les frais de réseau, aussi appelés frais d'évaluation, qui vont au réseau de cartes lui-même.
  • La marge de l'acquéreur ou du fournisseur, la seule des trois qui soit réellement négociable.

Quand un commerçant dit qu'il paie trop cher, la question utile est donc : trop cher sur laquelle des trois ? Les deux premières sont identiques pour tout le monde. La troisième est la vraie zone de discussion.

Pourquoi deux ventes identiques ne coûtent pas la même chose

L'interchange n'a pas un seul taux. Il en existe des dizaines, et celui qui s'applique dépend surtout du type de carte, de la façon dont elle est présentée et de la nature de votre commerce.

Le type de carte d'abord. Une carte de débit, une carte de crédit ordinaire, une carte de récompenses haut de gamme et une carte commerciale d'entreprise ne tombent pas dans la même catégorie. Les cartes qui offrent le plus d'avantages au titulaire sont généralement celles dont l'interchange est le plus élevé, parce que ces avantages sont financés à même la transaction.

La façon dont la carte est présentée compte tout autant. Une carte insérée ou tapée sur place, avec la puce lue par le terminal, est traitée dans une catégorie plus avantageuse qu'un numéro saisi manuellement au clavier ou qu'une vente en ligne. La raison est simple : le risque de fraude n'est pas le même.

Reste votre secteur d'activité. Les réseaux classent les marchands par code d'activité, et certaines catégories ont leurs propres taux.

Si votre clientèle se met à payer davantage avec des cartes de récompenses, votre coût moyen monte sans que rien n'ait changé dans votre entente. Ce n'est pas une hausse de prix, c'est un changement de composition.

Forfaitaire ou interchange plus

Un fournisseur peut vous facturer de deux manières principales. En tarification forfaitaire, aussi appelée mixte, un seul taux s'applique à toutes vos transactions, peu importe la carte. C'est prévisible et facile à lire, mais l'écart entre ce que la transaction coûte réellement et ce que vous payez reste invisible.

En tarification interchange plus, l'interchange et les frais de réseau vous sont refilés tels quels, et la marge du fournisseur apparaît séparément. C'est moins lisse d'un mois à l'autre, mais vous voyez exactement ce qui revient à qui.

Aucun des deux modèles n'est supérieur en soi. Ce qui compte, c'est de savoir lequel s'applique à vous, parce que comparer deux offres n'a aucun sens tant que ce point n'est pas clair.

Ce que vous pouvez vérifier cette semaine

Au Canada, le Code de conduite destiné à l'industrie canadienne des cartes de paiement, supervisé par l'Agence de la consommation en matière financière du Canada, prévoit que les commerçants reçoivent chaque mois un relevé présentant clairement ce qui leur est facturé, y compris le taux d'escompte effectif par type de carte. L'information existe donc déjà. Elle est sur votre relevé, même si elle est mal mise en évidence.

Sortez votre dernier relevé mensuel et posez ces questions à votre fournisseur, par écrit :

  • Suis-je en tarification forfaitaire ou en interchange plus ?
  • Sur ce relevé, quelles lignes correspondent à l'interchange et aux frais de réseau, et lesquelles correspondent à votre marge ?
  • Quelle proportion de mes ventes est traitée avec la carte présentée, et quelle proportion est saisie manuellement ?

Cette dernière question est souvent la plus payante. Les transactions saisies à la main coûtent plus cher à traiter, et dans beaucoup de commerces elles sont évitables : un terminal mal placé, un employé qui prend le numéro au téléphone par habitude, un lecteur de puce capricieux que personne n'a signalé. Ce sont des habitudes, pas des tarifs. Les habitudes se corrigent.

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